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La musique
d’inspiration mystique nous amène à Messiaen, héritier de
Tournemire.
Sans
Tournemire, il n’y aurait sans doute pas eu le Messiaen que nous
connaissons.
Vous l’avez connu
personnellement ?
Oui, mais
pas intimement. J’ai joué sa musique. Pas assez, mais je l’ai jouée.
Dès que vous prononcez ce nom-là...
Que vous vient-il en tête ?
L’idée d’une
très forte personnalité, l’idée d’un langage extrêmement personnel,
mais qui systématisait un peu la musique. Sa personnalité est
phénoménale. Il a tout fait dans sa vie, cet homme-là. Il a été
professeur d’harmonie au Conservatoire. Sa pédagogie était très
spéciale. Il demandait à ses élèves de faire des curiosités pour le
moins insolites. Il donnait des devoirs d’harmonie à faire à la
manière d’un ancien, à la manière d’un romantique et aussi… à la
manière de Messiaen. Cela n’a pas été toujours une réussite parce
qu’il fallait que les élèves qui suivaient la classe d’harmonie
soient capables de travailler à la manière de Messiaen.
Il a apporté un message
pédagogique ?
Il a
apporté cela, et plus que cela. Il a été aussi nommé professeur
d’analyse au Conservatoire. Et je crois que c’est là qu’il a donné,
du point de vue de l’enseignement, sa pleine mesure. Il paraît que
son analyse de Pelléas et Mélisande de Debussy était phénoménale. Il
chantait, il expliquait, il jouait, il paraît qu’il fallait
s’accrocher pour le suivre. Il a donné aussi, je crois, le même
traitement au Sacre du Printemps . Il a analysé d’autres œuvres
également. Peut-être que Boris Godounov était du nombre. Parmi tous
ceux qui ont passé par cette classe-là, il y avait des Québécois. |